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Service public du futur

Quand les données de mobilité deviennent un enjeu de service public

Jul 7, 2026

Une partie croissante de la mobilité se joue aujourd’hui dans une couche numérique souvent invisible. Applications, plateformes, horaires en temps réel, données de trafic. Le MobilityLab a réuni plusieurs acteurs pour explorer ce que cette évolution change pour les territoires, les collectivités et la mobilité de demain.

On consulte un horaire sur son natel. Une alerte annonce une perturbation. On suit l’itinéraire qu’une application nous propose. On vérifie si une borne de recharge est disponible. Ces gestes sont devenus banals. Derrière chacun d’eux, il y a pourtant quelque chose de très concret. Des données.

Pendant longtemps, parler de mobilité voulait dire parler d’infrastructures visibles. Les routes, les rails, les bus, les arrêts, les parkings, les pistes cyclables. Depuis, une autre couche s’y est ajoutée, beaucoup plus discrète. On ne la voit pas toujours mais elle influence déjà la façon dont les déplacements sont organisés, compris et vécus.

Cette couche numérique sert à informer les voyageurs et à mieux comprendre les flux. Elle aide à anticiper certaines situations et à orienter des décisions publiques. Elle est alimentée par les opérateurs, les collectivités et les outils de mesure. Et aussi par les plateformes que nous ouvrons chaque jour pour trouver notre chemin.

Cette évolution pose une question simple mais essentielle. Comment faire pour que la mobilité numérique reste lisible, fiable et véritablement au service de l’intérêt public ?

C’est autour de cette question que le MobilityLab a lancé une initiative, accompagnée par le Prof. Dr. Matthias Finger. Il ne s’agissait pas de présenter une solution toute faite ni d’annoncer une nouvelle plateforme. L’idée était plutôt de prendre le temps de cadrer le sujet, de croiser les regards et de repérer les bonnes questions avant de passer trop vite aux réponses.

Car la mobilité numérique n’est pas qu’une affaire de technologie. Elle touche aussi à la qualité des données et aux standards qui permettent de les échanger et de les utiliser. Elle touche à la coopération entre acteurs et à la capacité des pouvoirs publics à préparer leurs décisions dans un environnement qui évolue vite.

Au fond, l’enjeu n’est pas d’avoir plus de données. Il est de savoir lesquelles comptent vraiment, comment elles circulent et à quelles conditions elles peuvent servir au plus grand nombre.

La mobilité numérique fait déjà partie de notre quotidien. Mieux la comprendre, c’est aussi mieux préparer celle de demain.

© Eddy Mottaz / Le Temps
Trois questions au Prof. Dr. Matthias Finger

Pourquoi les données de mobilité deviennent-elles un sujet de service public ?

Parce qu’elles ne restent plus dans les coulisses. Pendant longtemps, une donnée de mobilité n’était qu’une statistique de plus, un chiffre pour un rapport. Aujourd’hui elle influence ce que voit le voyageur sur son écran. Elle oriente la planification. Elle pèse sur les décisions. Dès qu’une donnée façonne le service rendu aux gens, elle cesse d’être une affaire purement technique. Elle devient un sujet public.

Quel est le principal piège lorsqu’on parle de mobilité numérique ?

Vouloir commencer par l’outil. C’est très tentant. On lance une belle application, on installe un tableau de bord et on a l’impression d’avoir agi. Sauf qu’un outil ne vaut que par ce qu’on met derrière. Les besoins réels, les données dont on dispose vraiment, la personne responsable, les règles d’accès. Tant que ces questions ne sont pas posées, on construit sur du sable. La vraie difficulté n’est pas technologique. Elle est de gouvernance.

Pourquoi le Valais pourrait-il jouer un rôle d’exemple sur ce sujet ?

Parce qu’il a de vrais atouts. Il y a des compétences ici, des gens qui savent de quoi ils parlent. Les acteurs se connaissent et arrivent à se parler, ce qui est loin d’être évident ailleurs. Il y a de la confiance entre eux. Et il y a ce réflexe pragmatique, cette envie de tester plutôt que de théoriser pendant des années.

Ajoutez à cela la bonne taille. Un grand canton doit composer avec des structures lourdes, alors qu’ici les décisions peuvent aller plus vite. Le Valais a aussi ses besoins bien à lui. La montagne, le tourisme, les vallées, les distances. Ce qui marche à Zurich ne colle pas forcément chez nous. En trouvant ses propres réponses, le canton peut montrer une voie que d’autres régions de taille comparable pourront suivre.

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